Ce qui se passe
Après une consultation de sa communauté et une décision prise en interne, SourceHut ajoute une ligne à la liste des contenus interdits de ses conditions d'utilisation. La clause vise les contenus originaux « written with or which facilitates » l'usage des LLM ou d'autres technologies d'IA générative — soit, d'un même mouvement, ce qui est écrit avec un modèle et ce qui sert à en utiliser un.
Elle entre en vigueur pour les nouveaux projets après le préavis habituel de deux semaines, soit le 10 septembre 2026. Concrètement, produire du code, des ressources, des tickets ou des courriels avec l'aide d'un modèle génératif n'y sera plus permis, et un logiciel qui embarque une fonctionnalité d'IA générative — ou qui en facilite directement l'usage — n'y a plus sa place. Codeberg avait annoncé une restriction du même ordre fin juillet.
Pourquoi ça compte
Le billet distingue deux ordres de raisons, et c'est utile pour comprendre la portée de la règle.
Les raisons matérielles d'abord : les projets vibe coded forment, comme classe, des cas aberrants de consommation — configurations d'intégration continue inutilement complexes, bases de code plus volumineuses, commits très fréquents — et sont souvent abandonnés après avoir brûlé ces ressources. À quoi s'ajoutent les robots d'indexation des fournisseurs de modèles, qui provoquent des interruptions de service.
Les raisons politiques ensuite, que l'auteur place au premier plan : le rapport des LLM aux licences libres, et surtout le climat, avec une comparaison de la demande électrique des infrastructures d'IA planifiées à celle d'un pays entier. Le billet reconnaît par ailleurs l'utilité réelle des modèles pour trouver des bugs, y compris de sécurité.
Ce que ça change
La rédaction laisse volontairement de la marge, et trois points valent d'être retenus par qui héberge du code là-bas.
- Le mot « original » ouvre les miroirs. Un contributeur au noyau Linux peut garder son arbre personnel et préparer ses patches sur SourceHut ; un sous-système dont la politique interne s'aligne sur celle de la forge y est bienvenu. En revanche, SourceHut ne convient pas comme plateforme amont d'un projet dont la politique est plus permissive.
- L'usage privé reste permis. Interroger un modèle, lui faire relire son travail ou lui demander une analyse de sécurité est découragé, pas interdit, tant que le code poussé est écrit par vous.
- L'application repose sur l'honneur. Aucun outil de détection automatique ne sera déployé. En revanche, un mensonge découvert coûte la présomption de bonne foi et le compte est suspendu.
Pour les projets déjà en place, il n'y a pas d'effet rétroactif : ils peuvent rester s'ils adoptent pour la suite des pratiques conformes, et la forge annonce qu'elle agira contre ceux qui harcèleraient les auteurs ayant utilisé ces outils. Ceux qui veulent continuer doivent en revanche préparer une migration — sans date couperet annoncée, mais « dès que possible ».
Les portes de sortie citées sont l'auto-hébergement (SourceHut est lui-même
libre), Forgejo pour une forge plus simple à déployer,
GNU Mailman pour conserver le flux de travail par listes de diffusion, ou GitHub
pour les projets qui assument l'usage de l'IA. L'outil hut sert à exporter
comptes et données.
Source : SourceHut, Changes to SourceHut's terms of service regarding LLMs