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#08 SÉCURITÉ Faille

PCI DSS : vos scripts de paiement sont audités

Un script de trop sur la page de paiement, et c'est le client qui paie.

Les 51 exigences autrefois « bonnes pratiques » de PCI DSS 4.0 sont pleinement notées depuis le 31 mars 2025, et l'évaluation 2026 les couvre sans transition. Deux d'entre elles tombent directement sur les développeurs web : l'inventaire justifié des scripts de la page de paiement, et la détection de leurs modifications.

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Sommaire4 sections
  1. Ce qui se passe
  2. Les exigences qui touchent le code
  3. Pourquoi ça compte
  4. À retenir

Ce qui se passe

PCI DSS 4.0 est sorti en 2022 avec 51 exigences étiquetées « bonnes pratiques ». Depuis le 31 mars 2025, elles sont notées comme les autres. La période de transition est close : une évaluation menée en 2026 les couvre toutes, et l'essentiel du poids nouveau se situe au niveau applicatif — précisément la partie du périmètre que les programmes de conformité n'avaient pas été conçus pour atteindre.

Le test tient en deux questions, que l'assesseur est désormais fondé à poser : quels scripts s'exécutent sur votre page de paiement, et comment sauriez-vous que l'un d'eux a changé ?

Les exigences qui touchent le code

Elles se concentrent dans deux des douze chapitres du standard.

Exigence 6 — développer et maintenir des logiciels sûrs

Réf. Ce qu'elle impose
6.3.1 Classer les vulnérabilités selon le contexte et l'impact réel, pas selon le score brut du scanner
6.3.2 Nouveau. Inventaire complet et à jour des applications, des API et de leurs composants tiers
6.4.2 Nouveau, remplace 6.4.1. La revue manuelle annuelle d'une application exposée n'est plus une option : il faut une protection automatisée continue
6.4.3 Nouveau. Inventaire de chaque script chargé dans le navigateur de l'acheteur, autorisé par écrit et vérifié en intégrité

Exigence 11 — tester régulièrement

Les API, elles, ne figurent dans presque aucun intitulé — c'est pourquoi on les oublie. Elles entrent dans la définition du logiciel sur mesure, donc la revue avant mise en production (6.2.3), la protection contre l'injection et l'abus de logique métier (6.2.4) et l'inventaire (6.3.2) s'y appliquent. Points d'accès non documentés, versions oubliées, intégrations partenaires : ils n'apparaissent nulle part avant que quelqu'un ne demande la liste.

Pourquoi ça compte

La menace visée est l'e-skimming, et elle est silencieuse par construction : le script malveillant tourne dans le navigateur de l'acheteur, capture le numéro et le cryptogramme à la frappe, et les envoie ailleurs. Les journaux du back-end restent propres, l'outillage antifraude ne voit rien, et le temps de présence moyen se compte en mois.

Le rapport 2024 de Recorded Future sur la fraude aux paiements relevait des infections d'e-skimmers sur près de 11 000 domaines de commerce en ligne — environ le triple de l'année précédente — et 269 millions d'enregistrements de cartes diffusés sur des sources ouvertes ou clandestines. Les campagnes Magecart étaient toujours actives en 2026.

Un piège de paperasse pour finir : le Conseil a bien retiré 6.4.3 et 11.6.1 du questionnaire d'auto-évaluation SAQ A, en les remplaçant par un critère d'éligibilité — vous confirmez que votre site n'est pas exposé aux attaques de scripts. Les exigences restent dans le standard complet. Et si votre tunnel de paiement passe par une iframe, c'est toujours vous qui servez la page qui charge les scripts : seule la déclaration a changé, pas le risque.

Source : Qualys, PCI DSS 4.0.1: Application Requirements You're Being Assessed On in 2026