Ce qui se passe
Ghostty 1.4.0 est sorti après sept mois de développement. L'émulateur de terminal lancé par Mitchell Hashimoto — cœur en Zig, SwiftUI et Metal sur macOS, GTK 4 et OpenGL sur Linux et FreeBSD — apporte quatre changements qui se remarquent à l'usage.
SSH : la fin des touches cassées
Les terminaux modernes déclarent leur propre entrée terminfo, ici
xterm-ghostty, et cette entrée manque presque toujours sur la machine
distante. En pratique : touches mal interprétées, affichage abîmé.
La nouvelle action ghostty +ssh sert d'enveloppe directe au client SSH
habituel :
ghostty +ssh user@serveurElle transfère automatiquement le bon fichier terminfo sur la machine cible
avant d'établir la connexion, propage les variables d'environnement utiles, et
retombe proprement sur xterm-256color en cas d'échec.
Mémoire et débit
- Scrollback compressé. Les lignes sorties de l'écran sont compressées en continu en arrière-plan pendant les temps morts. Sur des sorties textuelles typiques, la mémoire de ces pages baisse de 70 à 90 %. La décompression à la remontée ou à la recherche se fait sans latence perceptible. Conséquence directe : la limite par défaut du tampon est multipliée par cinq, de 10 à 50 Mo par terminal.
- Mémoire GPU sur macOS. Les onglets en arrière-plan rendent leur mémoire graphique : avec un onglet ouvert et vingt masqués, on passe de 385 à 18 Mo.
- Lecture du pseudo-terminal. Le noyau macOS limite les lectures depuis un pty à environ 1 Ko quelle que soit la taille du tampon ; la lecture synchrone bloquait donc les programmes qui écrivaient. Ghostty 1.4.0 répartit le vidage du tampon et l'analyse sur deux threads séparés, pour 25 à 55 % de débit d'E/S en plus sur les systèmes Apple.
- Analyseur VT. Le texte ASCII pur passe à 725 Mo/s contre 128 Mo/s. Un
catd'un fichier texte de 150 Mo tombe de 1,5 s à 566 ms sur macOS.
Graphiques et presse-papiers
Ghostty devient le premier émulateur après Kitty à implémenter 100 % de la
spécification du protocole graphique de Kitty : images affichées directement dans
le terminal, avec désormais les animations (GIF animés via kitten icat) et les
placements relatifs, où une image se positionne par rapport à une autre et suit
ses déplacements. Grâce aux instructions SIMD, les gros flux d'images sont
traités environ 16 fois plus vite.
Le protocole de presse-papiers OSC 5522 est aussi pris en charge. Là où l'OSC 52 classique ne transporte que du texte simple, OSC 5522 accepte n'importe quel type MIME — images, fragments HTML. Les lectures du presse-papiers exigent toujours une confirmation, et le dialogue de sécurité affiche maintenant un aperçu des images.
Ce qui change sous Linux, et ce qui disparaît
La pipeline graphique GTK est refaite : au lieu du widget GtkGLArea, Ghostty
rend ses images via EGL dans un thread dédié et transmet les frames à GTK par
DMABUF, avec triple tampon — nettement moins de tearing. Le rendu se fait
exactement à l'échelle native de la fenêtre, donc les polices et les caractères
de cadre redeviennent nets en mise à l'échelle fractionnaire (125 %, 150 %).
Les vues divisées se réorganisent au glisser-déposer, comme sur macOS.
Trois contraintes à connaître :
- Dix failles de sécurité sont corrigées, par lesquelles des sorties de terminal ou des noms de répertoire manipulés pouvaient provoquer des plantages ou faire passer des commandes.
- Sous Linux, il faut maintenant GTK 4.18 et libadwaita 1.7 au minimum ; sous macOS, la version 13 (Ventura) reste le plancher.
- L'interface graphique Windows est retirée de la feuille de route. Le
projet renvoie les utilisateurs Windows vers d'autres terminaux bâtis sur
libghostty, son cœur embarquable en C.
Source : heise Developer, 28 octobre 2026. Source en allemand ; les faits sont repris des notes de version officielles de Ghostty 1.4.0.