Ce qui change
Unit 42 (Palo Alto Networks) avait attribué à PHP2Shell une attaque contre une
agence gouvernementale européenne : en deux heures, des empreintes de mots de
passe et des secrets d'authentification multifacteur, puis un tunnel de relais
NTLM vers Active Directory. Les commandes, encadrées de séparateurs comme
==SHELLUSER== et ==PASSWD==, évoquaient un agent d'IA.
Mise à jour du 25 octobre : Unit 42 retire ce rattachement. Ses chercheurs ont
vu une attaque « dans le contexte d'une application PHP vulnérable » et ne
peuvent pas confirmer que l'accès initial vienne des deux failles,
CVE-2026-109618 et CVE-2026-109619. L'attaque assistée par IA attribuée à
PHP2Shell n'est donc plus établie.
Ce qui continue
- CYFIRMA décrit une campagne soupçonnée d'être nord-coréenne (confiance modérée, écosystème Lazarus) : 21 nœuds compromis sondent 216 hôtes non corrigés ou partiellement protégés, aux États-Unis, au Japon, en Corée du Sud, en Thaïlande, en Indonésie, en Australie, à Taïwan, en Inde, à Singapour, dans les Émirats, en Arabie saoudite et dans l'UE. Le débit est volontairement faible et un nœud est abandonné au premier blocage : une alerte à seuil ne la verra pas. Selon CYFIRMA, l'exploitation est « l'étape suivante ».
- Defused Cyber voit, le 25 octobre, des sondes sur ses pièges GlobalProtect
depuis 204.76.203.7, adresse connue de scan de masse. Les requêtes portent
le marqueur
PHP_SESSION_UPLOAD_PROGRESSvalantp2s-rideret un faux envoi de fichier sans contenu : probablement une liste de cibles. - Bitsight compte près de 37 millions de systèmes exposés sous PHP, surtout aux États-Unis, en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et au Japon. Cloudflare a rapporté des millions de tentatives après la divulgation.
Que chercher dans les journaux
ReliaQuest a reproduit CVE-2026-109618 en laboratoire (22 octobre). La
séquence à retrouver, dans cet ordre :
- une requête POST qui répond 500 ;
- PHP qui signale un épuisement mémoire et une corruption de tas ;
- le worker Apache qui traitait la requête qui plante.
Datadog précise le principe : un nom de champ assez court pour passer la limite
du corps de requête, assez long pour que sa copie dépasse memory_limit, ce qui
fait échouer une allocation au bon moment.
Comment s'y prendre
- Installer PHP 8.5.12, 8.4.27, 8.3.36 ou 8.2.35 (ou le paquet corrigé de la distribution), puis redémarrer chaque worker et vérifier la version réellement chargée.
- Remonter dans les journaux jusqu'au 17 octobre, date de la première tentative connue (voir la fiche du 23 octobre).
- Chercher
p2s-rider, la séquence ci-dessus et l'adresse 204.76.203.7, sans s'y limiter : CYFIRMA note que les nœuds tournent. - Pour
CVE-2026-115560, troisième exécution de code, rester sursession.upload_progress.enabled=0(fiche du 24 octobre).
Un pare-feu applicatif ne remplace pas la mise à jour : Bitsight rappelle que la faille est dans le runtime et que seule la mise à jour de PHP sur l'hôte la ferme. Xint publie un scanner, phpguard.io, pour tester un hôte.
Source : The Hacker News, 25 octobre 2026. Source en anglais. Unit 42 : rapport ; CYFIRMA : avis.