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#01 SÉCURITÉ Faille

PHP2Shell : exploitation confirmée, que chercher

Corriger ne dit pas si l'on a déjà été visité.

Amazon a repéré une tentative d'exploitation de PHP2Shell dès le 17 octobre, quatre jours avant la divulgation, puis des tentatives en série le 21 octobre depuis plusieurs réseaux d'anonymisation. La fiche d'hier notait l'absence d'exploitation observée : ce n'est plus vrai. Les attaques laissent très peu de traces, d'où la liste de signaux à chercher dans les journaux.

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Sommaire5 sections
  1. Ce qui se passe
  2. Pourquoi c'est difficile à voir
  3. Comment s'y prendre
  4. Ce que ça change
  5. À retenir

Ce qui se passe

La fiche du 22 octobre rapportait qu'aucune exploitation de PHP2Shell (CVE-2026-109618 et CVE-2026-109619) n'avait été observée. Cette phrase n'est plus vraie. Amazon Threat Intelligence a publié ce que son réseau de pots de miel, MadPot, a enregistré :

Recoupements relevés par The Hacker News : VulnCheck voit un user-agent php2shell-scan/109618 depuis 85.11.167.243 et 45.198.224.169, et 109.71.252.97 vise les deux failles. Cloudflare compte des millions de tentatives, dont les premières environ dix heures avant la publication des détails (d'après Reuters, cité par heise). Selon la PHP Foundation, la première requête vue par ELLIO date de 08:36 UTC, moins d'une heure après que Chainguard a publié des images contenant déjà le correctif.

Pourquoi c'est difficile à voir

CrowdStrike décrit une attaque presque sans trace : les workers restent stables, les réponses sont des 200, et les journaux d'application ne signalent rien, puisque aucun code de l'application n'a tourné. Le seul indice côté serveur est une erreur fatale de limite mémoire dans le journal d'erreurs du serveur web, que l'on prend d'ordinaire pour du bruit.

Comment s'y prendre

  1. Mettre à jour vers PHP 8.5.12, 8.4.27, 8.3.36 ou 8.2.35. Pour Amazon, c'est la seule remédiation complète : aucun réglage ne couvre les deux failles.
  2. Enquêter à partir du 17 octobre, pas du 21 : la date de divulgation n'est pas celle de la première exploitation.
  3. Chercher dans les journaux :
    • des erreurs fatales de limite mémoire en rafale (le message habituel de PHP contient « Allowed memory size … exhausted ») ;
    • des requêtes POST d'envoi de fichier contenant PHP_SESSION_UPLOAD_PROGRESS ;
    • des processus PHP qui lancent un shell ou téléchargent un fichier (conseil du FBI) ;
    • des fichiers modifiés sans raison sur les serveurs web.
  4. Examiner les adresses IP, ne pas les bloquer : Amazon précise qu'elles appartiennent à des infrastructures d'anonymisation partagées.
  5. Sur un hôte impossible à corriger tout de suite, Amazon suggère de bloquer les envois multipart, après avoir mesuré l'effet sur l'application.
  6. Pour tester un site ou un binaire PHP local, OpenAI publie un contrôleur, php2shell-checker, sous forme de skill Codex.

Ce que ça change

Amazon tire deux leçons : un embargo ne protège que jusqu'au moment où quelqu'un d'autre trouve le même défaut, et l'analyse assistée par IA transforme un correctif ou un avis en exploit en quelques heures. Sur une faille critique exposée, un délai de correction de 7 ou 30 jours n'a plus de sens ; il se mesure en heures. Les failles ont été trouvées par Calif, OpenAI et Wiz, d'après The Hacker News.

Source : AWS Security Blog, 21 octobre 2026. Source en anglais. Compléments : The Hacker News, PHP Foundation, VulnCheck, heise (en allemand).