Ce qui se passe
Chez Meta, intégrer une nouvelle colonne de données dans les systèmes de recommandation touche trois dépôts, trois langages et jusqu'à six étapes de pipeline qui doivent rester synchronisées. L'équipe a d'abord construit ce que font la plupart des équipes : un seul agent qui sait tout. En démonstration, il marchait. En production, il hallucinait.
Le diagnostic, selon Meta : au-delà d'un certain volume de contexte, ajouter des connaissances dégradait les résultats. L'agent appliquait la convention de nommage d'un sous-système à un autre, ou le schéma de génération de code d'une source de données à une autre. Une variante à agent unique réussissait 70 à 80 % des tâches avec un prompt écrit à la main pour chacune, et 10 à 20 % sans. Meta y voit un problème d'architecture, pas de prompt.
Le mécanisme
Deux couches :
- Un orchestrateur déterministe, environ 1 300 lignes, qui route plus de 20 workflows vers 14 sous-agents. Il ne fait aucun travail de domaine : il classe l'intention, collecte les champs requis, vérifie les garde-fous, délègue.
- Quatorze sous-agents spécialisés, chacun expert d'un domaine (registres de configuration, génération de code pour 10 sources, validation…) avec un contexte isolé. Aucun ne voit l'ensemble.
L'orchestrateur suit toujours le même protocole en sept étapes : lire la fiche du sous-agent, vérifier que la cible n'existe pas déjà, demander les champs manquants, déduire ce qui peut l'être, passer le garde-fou de fiabilité (alertes actives, relecteurs requis), déléguer, puis traiter le résultat. Seule la sixième étape fait appel à un modèle de langage, à l'intérieur d'un sous-agent.
Ce que ça change
Un nouveau cas d'usage s'ajoute par un modèle de workflow, une machine à états qui enchaîne les mêmes sous-agents dans un autre ordre : l'ajout de la migration de pipeline n'a demandé aucun code d'agent neuf. Les connaissances (plus de 25 fichiers) sont chargées à l'exécution, pas incorporées à l'orchestrateur, de sorte qu'une mise à jour est prise en compte à la session suivante sans redéploiement.
Meta chiffre le résultat : la préparation de configuration d'une nouvelle colonne prenait trois à quatre jours à la main, environ un jour avec le système précédent, et moins d'une heure aujourd'hui. Environ deux tiers des changements arrivent sans retouche humaine notable.
Les limites
Ces chiffres sont ceux de Meta sur son propre système, sans protocole publié ni test indépendant, et le cas est précis : des pipelines de données de recommandation en configuration-as-code. Meta cite aussi une préimpression qui observe le même effet dans des systèmes multi-agents orchestrés ; la fiche ne reprend pas ses chiffres, qui portent sur une autre architecture.
Que faire
- Si votre routeur prend des décisions métier, les déplacer dans des sous-agents.
- Garder le routage déterministe : mots-clés, classification d'intention, collecte de champs, sans modèle.
- Donner la même structure à chaque sous-agent (sources de connaissances, entrées attendues, étapes, erreurs courantes).
- Charger les connaissances à la demande plutôt que dans l'orchestrateur.
Source : The Thin Orchestrator, Engineering at Meta, 19 octobre 2026. Source en anglais.