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#03 SÉCURITÉ Faille

Une extension prend la main sur votre IA

Le jour où votre assistant navigue pour vous, sa page de confiance devient votre périmètre.

Forever Security a montré qu'une extension disposant de deux permissions banales — modification des pages et declarativeNetRequest — peut injecter du code dans la page de confiance d'un assistant IA et piloter celui-ci en se faisant passer pour son éditeur. Cinq produits testés : Gemini Live dans Chrome, Perplexity Comet, Microsoft Edge, Opera Neon et l'extension Claude in Chrome.

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Sommaire5 sections
  1. Ce qui se passe
  2. Le mécanisme
  3. Ce que chaque attaque atteint
  4. L'état des correctifs
  5. À retenir

Ce qui se passe

Forever Security publie une série de démonstrations, baptisée BragJack, qui détourne les assistants IA intégrés à cinq produits Chromium : Gemini Live dans Chrome, Perplexity Comet, Microsoft Edge, Opera Neon et l'extension Claude in Chrome.

Une extension installée y accède en un clic. Ce sont des démonstrations de chercheurs, pas des attaques observées dans la nature, et chacune suppose l'extension déjà présente dans le navigateur de la victime.

Le mécanisme

Ces produits partagent la même architecture. L'assistant a un corps dans le navigateur — il voit l'écran, ouvre des fichiers, utilise la caméra, agit — et un cerveau sur les serveurs de l'éditeur. Le corps n'accepte d'ordres que d'une seule page de confiance : gemini.google.com pour Chrome, perplexity.ai pour Comet.

Une extension n'est pas censée pouvoir commander ce corps : elle modifie des pages web, elle ne contrôle pas le navigateur. La méthode consiste donc à prendre la page que le corps écoute, et à lui parler à travers elle.

Deux permissions courantes y suffisent :

  1. celle qui modifie les pages web — celle de n'importe quel bloqueur de publicité ;
  2. declarativeNetRequest, qui modifie le trafic réseau du navigateur.

Ensemble, elles permettent de glisser son propre code dans la page de confiance et de s'adresser à l'IA comme le ferait l'éditeur.

Ce que chaque attaque atteint

Capacité Chrome Comet Edge Opera Neon Claude
Lire les fichiers locaux
Caméra et micro
Piloter l'agent IA
Exfiltrer le profil
Exfiltrer l'historique
Captures d'écran
Sans aucun clic

L'état des correctifs

Le cas Chrome n'est pas neuf : Gal Weizman l'avait détaillé en mars sous le nom GlicJack. Il est suivi par CVE-2026-0628, noté 8,8 par la CISA — le NIST n'ayant pas attribué de score —, et corrigé début janvier 2026 dans Chrome 143.0.7499.192.

Les quatre autres sont l'apport de cette année. Seul Edge a reçu un identifiant : CVE-2026-55945, sévérité 4,2, corrigée le 2 juillet dans Edge 150.0.4078.48. Comet, Opera Neon et Claude in Chrome n'ont aucun CVE ; ces résultats reposent sur le seul récit de Forever Security.

Les primes cumulées tournent autour de 20 000 $ — 7 000 pour Chrome, 7 000 pour Comet, 5 000 pour Edge, 900 pour Opera, 600 pour Claude, ce qui fait d'ailleurs 20 500.

À retenir

L'arbitrage vient de changer de nature. Jusqu'ici, la permission « lire et modifier les données des sites que vous consultez » donnait accès à des pages. Elle donne désormais accès à un agent qui agit : ouvre des fichiers, clique, navigue. Auditer ses extensions n'est plus une hygiène de confort.