Ce qui se passe
Quand plusieurs agents de code travaillent en parallèle sur des projets différents, la question n'est pas de lire leurs sorties : c'est de savoir lequel calcule encore, lequel a fini, et lequel bloque sur une question restée sans réponse. Herdr est un multiplexeur de terminal libre qui range ce désordre.
Il ne fournit aucun modèle et ne remplace ni Claude Code, ni Codex, ni OpenCode.
Il exécute des processus de terminal ordinaires, mais leur ajoute cinq états —
working, blocked, done, idle, unknown — détectés par hook, par plugin
ou par analyse de la sortie du terminal, puis résumés à l'échelle d'un espace de
travail, avec notification des questions ignorées.
Le projet est écrit en Rust, publié sous Apache 2.0 par Can Celik
(dépôt herdrdev/herdr). Version stable 0.9.0, sortie le 7 septembre 2026.
Binaires pour Linux et macOS en x86-64 et ARM64, Windows en x86-64 seulement, plus
Homebrew, Nix et mise. Certaines fonctions restent limitées sous Windows.
Comment c'est fait
L'architecture reprend le modèle client-serveur des multiplexeurs classiques : un serveur tient les instances de terminal — pseudo-terminaux sous Unix, consoles ConPTY sous Windows —, le client ne fait que les afficher. Shells, serveurs de développement et agents survivent donc à une déconnexion. Les terminaux s'organisent en espaces de travail, onglets et panneaux.
L'automatisation passe par la ligne de commande et une API socket locale (socket de domaine Unix, ou named pipe sous Windows) : créer un panneau, transmettre entrées et sorties, interroger l'état des agents.
Deux points méritent d'être lus avant d'installer :
- Persistant n'est pas immortel. Après redémarrage du serveur ou de la machine, les processus sont morts. Herdr restaure alors espaces de travail, onglets, découpage des panneaux, répertoires de travail et focus, et reprend les agents qui exposent un identifiant de session natif.
- L'historique des terminaux n'est pas enregistré par défaut, parce qu'il contiendrait identifiants, jetons et prompts. C'est un choix, pas un oubli.
Pour les machines distantes, Herdr ne remplace pas SSH : herdr --remote host
branche un client local sur un serveur distant via OpenSSH, qui garde
l'authentification et la vérification de clé d'hôte. La cible ne peut être que
Linux ou macOS ; Windows sert de client depuis la 0.8.2, jamais de serveur.
Depuis la 0.9.0, serveurs locaux et distants tiennent dans une même fenêtre, avec
une liste d'agents commune.
Ce que ça change
Herdr est surtout visible par Omarchy, la distribution Linux de David
Heinemeier Hansson, dont la quatrième version majeure, Quattro, l'intègre à
côté de tmux — avec Ctrl+Espace en préfixe, comme sa configuration tmux. Les
notes de version de Herdr 0.8.2 créditent DHH pour les titres de fenêtres, le
redimensionnement des panneaux et le déplacement d'onglets : Omarchy est
consommateur, et son auteur contributeur.
Pour une ou deux sessions dont on connaît le contenu, ssh plus tmux reste le
choix sobre : près de vingt ans d'usage, empaqueté partout, configurable au
détail. L'intérêt commence quand les agents se répartissent sur plusieurs dépôts
et plusieurs machines, et que l'attention humaine devient la ressource rare.
Restent les réserves. Le projet est passé de la 0.1 à la 0.8 en moins de cinq mois. Surtout, son marché de plugins n'est pas curé : les entrées y sont collectées automatiquement, sans vérification, alors que plugins, hooks et API socket ont accès à l'environnement de développement et au contenu des terminaux.
Source : heise Developer (en allemand) ; projet : herdr.dev.