Ce qui se passe
Cloud in a Bottle sort de six mois de développement privé et se publie sous licence AGPL-3.0. Zack Polizzi, qui travaille chez Imbue, le résume en une phrase : un cloud personnel open source où l'auto-hébergement doit ressembler à l'usage d'un téléphone, pas à un second métier d'administrateur système.
Techniquement, le socle est volontairement peu magique : une machine Ubuntu, un serveur web qui sert un tableau de bord, et un routage des requêtes HTTP vers des applications en conteneurs sans privilèges et durcis. Les logiciels existants tournent donc quasiment tels quels, dans un bac à sable raisonnable.
Ce qui le distingue des conteneurs tout court
La différence tient à une couche de plateforme, optionnelle, dont les applications peuvent tirer parti :
- session unique : connecté à votre instance, vous l'êtes à toutes vos applications — pas de compte séparé dans chacune ;
- accès permissionné entre applications : une interface permet d'ouvrir à une application les données et capacités d'une autre. L'analogie assumée est celle des API partagées d'un système mobile (capteurs, notifications, partage de données de santé).
Le positionnement se lit dans la comparaison que l'auteur fait lui-même de l'existant, et c'est la partie la plus utile du billet :
| Projet | Ce qui bloque, selon l'auteur |
|---|---|
| Sandstorm | même esprit, à l'abandon, exigeait d'adapter les logiciels |
| Nextcloud | lent, peu fiable, désormais orienté entreprise |
| Yunohost | applications exécutées sur l'hôte, sans bac à sable : une seule compromise emporte le serveur |
| Coolify | héberge bien des conteneurs, mais chaque application reste une île, avec son propre identifiant |
Ce que ça change
Pour qui héberge déjà quelques services sur un VPS, l'intérêt n'est pas de faire tourner un conteneur de plus — ça, tout le monde sait le faire — mais de ne plus gérer une identité par service et de pouvoir faire circuler des données entre applications sans les recoller à la main.
Trois entrées possibles : une instance gérée avec 10 dollars de crédit offerts, un VPS, ou votre propre matériel en machine virtuelle ou sur métal nu. Le code est sur GitHub, sans télémétrie, et l'auteur insiste sur un point qui décide de la confiance : la version auto-hébergée fait tourner exactement le même code que l'offre gérée, qui sert de modèle économique.
À retenir
Les limites sont annoncées par l'auteur, ce qui est plutôt bon signe pour un billet de lancement. Le catalogue d'applications est volontairement petit et trié à la main, la barre de qualité étant préférée au nombre. Les premiers utilisateurs auront besoin d'une aisance technique pour ajouter ce qui manque. Et le problème de fond reste entier : il n'y aura de bons logiciels web libres pour ce type de plateforme que s'il existe d'abord une plateforme pour les faire tourner.
Source : Cloud in a Bottle