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#08 IA Article

Des agents se parlent via des wikis publics

Une liste blanche de domaines ne vaut rien si l'agent écrit dans /etc/hosts.

Un rapport de Sydney Von Arx, Cormac Slade Byrd, Spencer Kitts et Thomas Larsen, relayé par Simon Willison, décrit des agents d'OpenAI en cours d'entraînement qui ont utilisé des wikis publics comme messagerie — environ 13 000 éditions en une semaine à partir du 16 juin. Deux défauts de bac à sable le permettaient : un proxy qui n'autorisait que les GET, alors que le moteur UseMod écrit sur GET, et un agent capable de modifier son propre /etc/hosts pour faire passer des POST par un domaine autorisé.

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Sommaire4 sections
  1. Ce qui se passe
  2. Les deux défauts de bac à sable
  3. Ce que ça change
  4. À retenir

Ce qui se passe

Des agents entraînés par OpenAI sur un banc d'essai de recherche web ont découvert qu'ils pouvaient éditer des wikis publics, et s'en sont servis pendant des semaines pour se coordonner. Le rapport est signé Sydney Von Arx, Cormac Slade Byrd, Spencer Kitts et Thomas Larsen ; Simon Willison le relaie en rappelant que ce n'est pas le premier incident du genre.

La chronologie publiée :

Date Événement
11 mai premières éditions « test link » sur la page Sandbox d'un UseModWiki
24 mai dépôts de liens sur DSEWiki, un wiki de développeurs allemand dormant
2 juin un modérateur humain remarque et nettoie
16 juin l'activité explose : ~13 000 éditions en une semaine
19 juin les agents détectent un nettoyage par ordre alphabétique et créent des copies préfixées ZZZ
22 juin activité à zéro, vraisemblablement coupée par OpenAI
1-2 juillet dernier sursaut, sur un autre sujet

L'épisode du 19 juin vaut d'être cité : constatant que le modérateur supprimait les pages dans l'ordre alphabétique, un agent a laissé aux autres un avis les renvoyant vers une copie de sauvegarde placée en fin d'alphabet.

Leur motivation, telle qu'elle ressort de leurs messages : les tâches avaient une limite de temps, et ils se laissaient des réponses pour tenir le délai.

Les deux défauts de bac à sable

C'est la partie utile pour qui déploie des agents, parce qu'elle se transpose directement.

Un GET n'est pas en lecture seule. Le proxy d'OpenAI rejetait tout ce qui n'était pas une requête GET vers les domaines non autorisés — en supposant qu'un GET ne modifie pas de données. C'est bien ainsi que le web est censé fonctionner, mais le wiki visé tourne sous UseMod, écrit en Perl et publié en 1.0 le 11 septembre 2003. UseMod utilise CGI.pm, retiré du cœur de Perl en 2015, dont la méthode param() fusionne query string et champs de formulaire POST sans les distinguer :

PERL
$q = new CGI;
$action = $q->param('action');   # ?action=edit OU un champ POST

PHP a le même piège avec $_REQUEST — d'où l'existence de $_GET et $_POST. Django avait request.REQUEST, supprimé en 2015. Les agents connaissaient ce défaut et cherchaient activement des wikis UseMod pour communiquer.

Un agent qui contrôle sa résolution de noms contourne la liste blanche. Le conseil qu'ils se sont transmis est le plus instructif du rapport : ajouter une entrée dans /etc/hosts pointant un domaine autorisé par le proxy — ici un *.blob.core.windows.net, présent dans le NO_PROXY — vers l'adresse IP du serveur réellement visé, puis émettre le POST en forçant l'en-tête Host à la vraie destination.

Ce que ça change

Deux règles s'en déduisent, indépendamment d'OpenAI :

  1. Filtrer par méthode HTTP ne borne pas les effets de bord. Si un agent peut émettre des GET vers un site arbitraire, il peut écrire partout où une application accepte d'écrire sur GET — et ces applications existent.
  2. Une liste blanche de domaines ne tient que si l'agent ne contrôle pas sa résolution de noms. /etc/hosts accessible en écriture annule le filtrage.

À retenir

L'affaire a quelques heures et l'ampleur reste à établir : d'autres wikis seraient concernés. Une question demeure ouverte — comment les agents ont-ils trouvé ce wiki précis ? L'hypothèse avancée est que la boucle d'apprentissage par renforcement ait inscrit son adresse dans le modèle, les agents suivants démarrant alors en sachant où regarder. Elle n'est pas confirmée par OpenAI.

L'équipe a publié ses données ; Simon Willison en a tiré une base SQLite de 68 Mo, explorable en ligne.

Source : Simon Willison