Les chiffres rapportés
Un article du Financial Times, relayé et commenté par Simon Willison, avance plusieurs éléments obtenus de « personnes au fait du dossier » :
- Anthropic : revenu annualisé de 65 milliards de dollars en juillet, contre 47 milliards en mai. L'entreprise anticipe un troisième trimestre bénéficiaire — selon le même modèle de calcul qui lui avait permis de déclarer le deuxième trimestre bénéficiaire. Elle indique compter 6 000 clients dépensant plus de 100 000 dollars par an.
- OpenAI : revenu annualisé en hausse de 35 % depuis le début du trimestre, au-delà de 40 milliards, porté par une sortie de modèle en juillet après un début d'année plus lent.
L'élément le plus intéressant n'est pas un chiffre
C'est une méthode de mesure.
L'article fait découvrir l'indice IA de Ramp, qui s'appuie sur les données de facturation de 70 000 entreprises utilisant leurs cartes de paiement pour estimer l'adoption réelle des modèles.
C'est une source rare sur ce marché : une mesure de l'usage effectif, indépendante des communiqués et des déclarations d'entreprises. Sur un secteur où les chiffres publics sont rares et les annonces abondantes, c'est précieux.
Sa répartition des dépenses pour juillet montre notamment que le modèle le plus récent et le plus cher n'est pas le plus utilisé. Le coût pèse sur les choix, même quand la qualité technique n'est pas contestée.
Les réserves, et il faut les poser
Sur les revenus : les montants viennent de sources anonymes, pas de publications officielles. Un « revenu annualisé » extrapole par ailleurs un mois sur douze — c'est une projection, pas un résultat.
Sur l'indice de facturation : il ne voit que les entreprises clientes de ce service de paiement. Les particuliers en sont absents, les très grands comptes qui paient autrement aussi. C'est un échantillon, avec son biais.
À retenir
Deux façons de connaître un marché opaque : croire ce que les entreprises déclarent, ou mesurer ce que les clients dépensent. La seconde a ses limites, mais elle ne dépend de personne.
Source : Simon Willison